Sion-les-Mines Qui l'aidera à imprimer sa bande dessinée ?

Anthony Moreau est un auteur de BD qui refuse les codes du genre. Plutôt qu'un éditeur, il a choisi de faire appel au financement participatif pour éditer son œuvre.

18/04/2017 à 11:24 par Cécile Rossin

Anthony Moreau et quelques-unes de ses planches originales en noir et blanc. La colorisation est réalisée sur ordinateur. -
Anthony Moreau et quelques-unes de ses planches originales en noir et blanc. La colorisation est réalisée sur ordinateur. -

Dur dur de se faire une place dans le monde impitoyable et surchargé de la bande dessinée, lorsqu’on refuse de rentrer dans le moule. C’est ce qu’expérimente Anthony Moreau, Sionnais de 27 ans, depuis sa sortie de l’école supérieure Pivaut à Nantes, spécialisée dans les arts appliqués.

Quoique sorti « 1er de [sa] promotion sur une classe de 80 étudiants », il ne parvient pas, actuellement, à vivre de sa passion. « Mais c’est mon activité principale malgré tout. Cela demande énormément de temps de concevoir une bande dessinée. Je dessine en moyenne 15 heures par jour. Je ne pourrais pas vivre sans cela de toute façon : si je ne fais pas ça, j’entre en dépression ! ».

« J’ai envoyé balader les codes »

En tant qu’auteur, il réalise non seulement les dessins, mais est aussi scénariste et coloriste. Reste l’épineux problème de l’édition… « Je suis bien au fait du mode de fonctionnement des gros éditeurs. Ils veulent qu’on puisse leur donner un synopsis qui tienne en quelques lignes. Moi, quand je démarre, j’ai un pitch mais je ne sais pas exactement où je vais ».

Alors que les codes très stricts du 9e art réclament normalement qu’un auteur sache précisément comment se découpera son histoire, planche par planche, Anthony Moreau a « pris le parti d’envoyer balader les codes. Chacune de mes planches s’arrête là où elle doit s’arrêter (c’est-à-dire, sans que cela ait été forcément prévu à l’avance, NDLR). Et je m’aperçois qu’artistiquement, les choses tombent très bien comme cela ».

Exit aussi la loi des 48 pages (et autres multiples de 16) ! La sienne est prévue sur 38 pages… Quant au titre, il n’occupe rien moins que trois lignes : Féerie, avec pyrotechnie, orchestre, dentelle, limaille, et tout. Il s’agit en fait du premier chapitre (ou tome) d’une histoire qui devrait se décliner en trois ou quatre autres, « si ça marche ».

Far West et violence

Le sujet de fond est « la violence », qu’il aborde sur fond de Far West américain. « Ça se passe juste avant la guerre de Sécession, explique-t-il. On peut résumer l’histoire ainsi : deux hommes en cherchent un troisième, mais pas pour les mêmes raisons ». Difficile de lui arracher beaucoup plus d’informations, si ce n’est ces bribes, sur les trois personnages principaux : « L’homme recherché est un esclave irlandais. Le premier poursuiveur est quelqu’un qui veut s’en venger ; le second est un chasseur de prime ».

Une planche originale de la bande dessinée d'Anthony Moreau. La colorisation est réalisée sur ordinateur.
Une planche originale de la bande dessinée d'Anthony Moreau. La colorisation est réalisée sur ordinateur.

Les planches sont prêtes et offrent au regard des dessins extrêmement précis et réalistes. Des trognes qu’on croirait sorties d’un western de Sergio Leone – Anthony Moreau assume d’ailleurs certaines ressemblances avec de célèbres personnages – et des paysages grandioses à la John Ford.

Votre exemplaire à partir de 25€

Seulement voilà, le Sionnais n’a pas les moyens financiers de les faire imprimer en livre. D’où son idée d’un financement participatif, par le biais de la plateforme Ulule. La contribution minimale proposée est de 25 €, qui donnera droit, si le projet abouti, à l’envoi d’un exemplaire de la BD. À partir de 35 €, outre le livre, les contributeurs reçoivent des contreparties : dédicace spéciale de l’auteur, marque-page, voire une planche originale à partir de 400 €. Entre 45 et 70 €, ils auront aussi la possibilité de gagner un dessin original via un tirage au sort.

Objectif, 150 préventes

« Je voudrais imprimer 500 exemplaires. Ce qui revient à 3 000 €. J’ai besoin de 150 préventes minimum pour lancer l’impression », explique Anthony Moreau. Au 18 avril, 90 préventes étaient déjà enregistrées. La souscription court jusqu’au 4 mai.

Si les 150 préventes ne sont pas atteintes, les souscripteurs seront remboursés et l’auteur optera alors pour une diffusion Internet de son œuvre. Une alternative frustrante, quand on aime tenir un beau livre dans ses mains… En outre, l’édition de sa BD donnerait aussi à Anthony Moreau un outil indispensable pour se faire connaître dans les différents festivals de bande dessinée.

Cécile Rossin

Féerie, avec pyrotechnie, orchestre, dentelle, limaille, et tout, BD couleurs de 38 pages, disponible en prévente à partir de 25€ sur Ulule : https://fr.ulule.com/feerie. Des planches colorisées sont visibles sur cette plate-forme.

44590 Sion-les-Mines

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