Notre-Dame-des-Landes Aéroport NDDL. La consultation en trois questions

On vote dimanche 26 juin : « oui » ou « non » au transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique vers Notre-Dame-des-Landes. Le point en trois questions.

24/06/2016 à 15:43 par La Rédaction

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Un avion sur le tarmac de Nantes Atlantique.

1. Qui va payer pour le transfert de l’aéroport ou en cas d’annulation du projet ?

C’est toujours le nerf de la guerre. Et dans ce dossier, c’est évidemment le point sensible. D’abord, parce qu’une partie de ce nouvel équipement sera financée par les impôts des contribuables. Ensuite, parce qu’il est difficile d’obtenir de vraies comparaisons chiffrées.

Dans son document de synthèse, la Commission nationale du débat public (CNDP) annonce un projet global à Notre-Dame-des-Landes (NDDL) de 561 millions d’euros (coût 2010 pour 4 millions de passagers), dont 446 M€ pour la plateforme aéroportuaire, 81 M€ pour la desserte routière (réalisée par l’État et les collectivités) et 34 M€ pour la création d’une tour de contrôle (réalisée par l’État).

Sur l’enveloppe globale, 20,5 % (115,5 M€) seront financés par les collectivités territoriales (dont 17,9 M€ par Nantes métropole, 40,4 M€ par la Région Pays de la Loire, 23,1 M€ par le Département). Le concessionnaire AGO, lui, prendrait en charge 56,1 % soit 315 M€. L’État, 130,5 M€.

En cas d’annulation du projet, le contrat prévoit une indemnisation du concessionnaire. « L’État, comme le concessionnaire, déclarent ne pas disposer d’un ordre de grandeur de cette indemnisation, souligne la CNDP. Mais l’Atelier citoyen l’a chiffrée entre 150 et 250 millions d’euros. » S’il faut réaménager l’aéroport de Nantes-Atlantique (qui a déjà dépassé le nombre de passagers prévus par le projet NDDL, soit 4 millions), la direction générale de l’aviation civile (DGAC) parle de trois phases, pour un coût global de 740,2M€, à horizon 2050, avec l’accueil de 9 millions de passagers. Or si l’on veut comparer les deux « projets » avec la même capacité d’accueil, il faut s’arrêter à la phase 1, pour un coût de 207,1M€ pour 5 millions de passagers à horizon 2025.

Quoi qu’il en soit, le financement de ces phases-là n’est pas détaillé, ni réparti. Il manque, dans le débat, la facture définitive d’un NDDL à 9 millions de passagers.

2. À quoi sert vraiment la consultation du dimanche 26 juin ?

Officiellement, le Président de la République, François Hollande, en a d’emblée donné l’image d’un référendum local, en février dernier : « Si les personnes consultées répondent oui, il faut faire l’aéroport, il sera fait. Si elles répondent non, il ne sera pas fait », a-t-il assuré.

Depuis, ce référendum local a pris un autre habit : l’ordonnance qui permet de l’organiser, validée en avril, évoque une consultation pour obtenir un avis de la population. Un simple avis donc, comme l’a rappelé récemment le préfet de Loire-Atlantique, Henri-Michel Comet : « Il faudra laisser le temps au gouvernement de délibérer et d’apprécier. ».

D’autres estiment que cette consultation sert d’abord à procrastiner en attendant la prochaine présidentielle… Mais les pro et anti, s’ils ne croient pas aux résultats de cette consultation, battent quand même le pavé et font campagne, sur le terrain, et sur internet.

3. L’information officielle transmise sur le sujet est-elle impartiale ?

C’est la Commission nationale du débat public (CNDP) qui a été saisie par le Président de la République pour établir le document de synthèse préalable à la consultation, visible en ligne, sur internet. Une synthèse qui a voulu s’appuyer sur toutes les contributions possibles, y compris celles des opposants au transfert, qui n’ont pas voulu, pour partie d’entre eux, participer aux débats.

La CNDP s’est néanmoins appuyée sur des données de l’Atelier citoyen, qui a lui-même réagi par la suite via un correctif.

Attaquée sur son impartialité, la CNDP a réagi, mardi 21 juin : « Le document de synthèse a été élaboré de manière collégiale après plus de 26 heures de débats internes à la Commission qui comporte 20 membres. Laisser entendre qu’il a été réalisé par une seule personne est donc une contre-vérité. » En rappelant que près de 130 personnes ont été auditionnées : responsables politiques, économiques, agricoles et associatifs concernés par le projet.

44130 Notre-Dame-des-Landes

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