Notre-Dame-des-Landes Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : un projet de plus d'un demi-siècle...

Retour sur les dates clés de ce projet « serpent de mer » dont les prémices remontent au début des années 1960...

24/06/2016 à 15:18 par La Rédaction

L’aéroport de Nantes Atlantique vu du ciel. (photo Valéry Joncheray)
L’aéroport de Nantes Atlantique vu du ciel. (photo Valéry Joncheray)

1963.

Le projet d’aéroport est né d’une initiative de la Datar (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) datant de 1963, visant à décentraliser les grosses infrastructures et services (recherche, universités…).

Le site de Notre-Dame-des-Landes est évoqué pour la première fois, pour accueillir le Concorde, dont le projet a été lancé en 1960.

1967.

Après une mission d’expertise qui compare 18 sites différents, la zone comprise entre Vigneux-de-Bretagne et Notre-Dame-des-Landes est confirmée être la plus intéressante par le service technique des bases aériennes. En 1970, le Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT) valide ce choix.

1972-1974.

L’opposition au projet s’organise, avec la création de l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport (Adeca), par des agriculteurs. En 1974, l’État crée une zone d’aménagement différée (Zad) de 1 225 hectares sur le site de Notre-Dame-des-Landes.

1994.

Les présidents des Conseils généraux de Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine et Maine-et-Loire, ainsi que le maire de Nantes et les CCI de Nantes et Saint-Nazaire posent officiellement la candidature du Grand Ouest pour le projet d’aéroport.

2002.

La Directive territoriale d’aménagement (DTA) sur l’estuaire de la Loire prend en compte le transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique vers la future plate-forme de NDDL.

À la même époque, l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées (Acipa) voit le jour pour s’opposer à l’aéroport de NDDL. Son pendant favorable au projet naît aussi cette année-là et s’intitule Association Citoyenne Pour la Réalisation d’un Aéroport international sur le site de Notre-Dame-des-Landes (Acipran) ; elle se rebaptisera Des Ailes pour l’Ouest dix ans plus tard.

15 décembre 2002 – 28 mai 2003.

Période du débat public sur le projet. 16 réunions publiques réunissent en tout 7 500 participants. Suite à des demandes réitérées d’expertises indépendantes, la société Cosynergie est mandatée.

Juillet 2003.

La Commission nationale du débat public (CNDP) publie son compte-rendu. On y apprend que sur les neuf sites envisagés, Guémené-Penfao et NDDL présentaient le plus d’avantages. La DGAC (Direction générale de l’aviation civile), maître d’ouvrage, retient NDDL.

La comparaison des 9 sites a été effectuée sur 8 critères : desserte, nuisances et urbanisation, aménagement du territoire, marché, environnement et agriculture, adaptation technique et coûts, emplois, terrains.

18 au 30 novembre 2006.

Déroulement de l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique.

10 février 2008.

Publication au Journal officiel du décret déclarant d’utilité publique le projet d’aéroport Grand Ouest et sa desserte routière.

31 décembre 2010.

Décret approuvant la concession de la réalisation et de l’exploitation de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pendant 55 ans au profit de la société Aéroports du Grand Ouest (AGO), dont l’actionnaire principal est le groupe Vinci Airports.

Janvier 2012.

Début des procédures d’expropriations sur la Zad. Selon Vinci, 193 propriétaires et 40 exploitants sont concernés.

18 avril 2012.

Françoise Verchère (lire par ailleurs) rejoint la grève de la faim entamée le 11 avril par deux agriculteurs faisant l’objet d’une procédure d’expropriation. Cette grève durera jusqu’au 9 mai, date à laquelle les grévistes obtiennent la suspension de toute expulsion dans la Zad, tant que tous les recours possibles n’auront pas été jugés.

21 juin au 7 août 2012.

Deux enquêtes publiques ont lieu : l’une pour l’obtention d’une autorisation « loi sur l’eau » ; l’autre pour la procédure de dérogation à la destruction d’espèces protégées. Ce projet suscite une opposition de nombreux citoyens et d’associations. Certains exploitants agricoles et propriétaires expropriés restent sur le site, qui fait aussi l’objet d’une occupation par des « zadistes » (la Zone d’aménagement différée étant rebaptisée « Zone à défendre » par les opposants au projet).

16 octobre 2012.

L’État lance, de bon matin, l’opération César : 500 gendarmes et CRS évacuent une centaine de zadistes squattant, parfois depuis plusieurs années, des lieux destinés à la démolition. Les premières maisons sont détruites dans la foulée.

17 novembre 2012.

Quelque 30 000 manifestants recensés à NDDL pour protester contre le projet. Certains se réinstallent dans la Zad évacuée le mois précédent.

Avril 2013.

Remise au gouvernement des rapports des trois commissions créées en novembre 2012 : commissions du dialogue, impacts agricoles et compensations environnementales.

20 juin 2013.

La route RD 281 entre Vigneux-de-Bretagne et Notre-Dame-des-Landes est définitivement fermée par les services du Département. Traversant la Zad, elle était devenue un lieu régulier de manifestations mais aussi d’exactions de la part de certains opposants vis-à-vis des automobilistes qui l’empruntaient.

Septembre 2013.

Les chefs d’entreprises membres de l’Adic (Accompagnement, développement, initiative, convivialité) du Pays de Châteaubriant lancent une campagne d’affichage de leur soutien au projet d’aéroport. S’ensuivra une incessante guéguerre de panneaux dégradés/restaurés alternativement par les deux camps opposés…

Novembre 2013.

Une chaîne humaine de 25 km est formée par les opposants (autour de 30 000) autour du périmètre du futur aéroport.

21 décembre 2013.

La préfecture de Loire-Atlantique publie 4 arrêtés relatifs à la loi sur l’eau et aux demandes de dérogation au titre de la protection d’espèces protégées, concernant l’aéroport et le barreau routier. Les premiers coups de pioche sont annoncés pour 2014, avec une date de livraison estimée à 2019.

22 février 2014.

Une manifestation des anti-aéroport dégénère à Nantes. Les plus radicaux affrontent les forces de l’ordre, entrainant de nombreux débordements.

9 mars 2015.

Ségolène Royal, Ministre du développement durable et de l’écologie, lance pour la première fois l’idée d’un référendum sur l’aéroport . « Faisons confiance à l’intelligence, à la démocratie participative », déclare-t-elle.

17 juillet 2015.

Le tribunal administratif rejette tous les recours déposés par les opposants.

20 août 2015.

Une voiture de gendarmerie est incendiée sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

30 octobre 2015.

L’Etat annonce la reprise des travaux à partir de 2016.

25 janvier 2016.

Le tribunal de Nantes ordonne l’expulsion sans astreinte financière de 11 familles et 4 exploitations.

11 février 2016.

François Hollande annonce la tenue d’un référendum local.

27 février 2016.

Des milliers de manifestants investissent les voies rapides Nantes-Vannes et Nantes-Rennes à proximité du site du futur aéroport.

Mars 2016.

Publication du rapport des experts du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), baptisé Étude sur les alternatives pour le développement aéroportuaire du Grand Ouest. Rapport qui, entre diverses conclusions, juge « surdimensionné » le projet à 2 pistes de NDDL.

23 avril 2016.

Publication au Journal officiel du décret qui fixe au 26 juin 2016 l’organisation d’une consultation locale en Loire-Atlantique.

Cécile Rossin

44130 Notre-Dame-des-Landes

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image