Pays de Châteaubriant : ils ont vécu le don d’organes

Loëtitia et sa cousine Nathalie, de Issé.

Loëtitia et sa cousine Nathalie, de Issé.


Si Alexis, huit ans, et Loëtitia, 40 ans, profitent aujourd’hui d’une vie normale, c’est parce que d’autres personnes avaient choisi de faire don de leurs organes. C’est le cas de Gilles qui a donné les organes de son fils, après un accident mortel. Les parents d’Alexis, Loëtitia, et Gilles, racontent leur histoire, toujours douloureuse mais toujours porteuse d’espoir. Simple coïncidence : Alexis, Loëtitia et Gilles habitent tous trois à Issé.

En 1999, Loëtitia qui habite à ce moment-là en Auvergne, connaît des problèmes cardiaques après son troisième accouchement. Les médecins locaux peinent à formuler un diagnostic. « J’étais à l’hôpital de Saint-Etienne, dans un joli pyjama de soie. En entrant dans la salle de bain, je me suis senti glisser… Je me suis réveillée à l’hôpital de Lyon, intubée de partout !  »
 Loëtitia souffre d’une décompensation cardiaque : son cœur n’arrive plus à faire circuler le sang. À son réveil, elle apprend qu’elle a passé 23 jours dans le coma. Les reins, la rate, le foie fonctionnent de plus en plus difficilement. « Les médecins pensaient que c’était trop tard. » La jeune femme est branchée sur un Thoratec, un cœur artificiel. La machine lui sauve la vie, mais elle en dépend désormais totalement. La seule alternative, c’est de recevoir un cœur d’un donneur.
Une intervention ¬
dangereuse
« Le 11 juillet à 17 h, je me promenais dans le jardin de l’hôpital accroché à mes batteries et mes machines… L’anesthésiste est arrivé : Ca y est, on va vous greffer un cœur ! Immédiatement, je suis passée de l’extrême agitation à un calme olympien.
23 jours dans le coma
 Un sentiment qui me rappelait quand j’étais enceinte pour la première fois… De toute façon, j’avais dit aux médecins : quels que soient les risques, allez y !  »
 La première étape, c’est de séparer Loëtitia de son cœur artificiel : « Le corps s’est adapté à la machine ; c’est une intervention dangereuse. » La transplantation a lieu dans la nuit du 11 au 12 juillet 2000. Elle dure neuf heures. Seulement trois services de chirurgie en France, Paris, Nantes et Lyon, sont capables de mener à bien une transplantation cardiaque, une opération autrement plus risquée et difficile qu’une ablation de l’appendice. Et dans le cas de Loëtitia, ça ne se se passe pas tout seul : « J’ai mis douze jours à me réveiller au lieu de 48 heures normalement. Je ne subissais pas de rejet, mais mon nouveau cœur ne trouvait pas sa place : l’ancien avait grossi et prenait beaucoup de place dans la cage thoracique, alors qu’un cœur en bonne santé est plus petit. »
Plusieurs personnes sauvées
 Conformément à la loi, un receveur d’organe ne sait jamais à qui il doit la vie. Mais Loëtitia en a su un peu plus : « Par des bruits de couloir, j’ai appris que c’était une femme du même âge que moi, très sportive, qui avait eu un accident sur l’autoroute de Lyon. Plusieurs personnes ont été sauvées grâce à elle. Je lui serai toujours reconnaissante »
Quand elle se réveille, la première pensée de Loëtitia n’a rien à voir avec la métaphysique et le sens de la vie : la première chose qui vient à son esprit, c’est… le Tour de France dont elle est une fan inconditionnelle !
« A mon réveil, j’ai râlé parce que j’allais rater la fin. Mais une infirmière m’a trouvé une télé et j’ai pu suivre la dernière étape » se souvient Loëtitia en souriant.
Mais même si elle est tirée d’affaire, la réadaptation n’est pas si simple :
Des appuis solides
« Après des mois d’hôpital, j’étais complètement perdue. Mon bébé avait neuf mois. Il ne reconnaissait pas sa maman… Ca été un moment difficile… Pour trouver un travail, ce n’est pas évident : les employeurs n’aiment pas les santés fragiles. Je continue à prendre des médicaments, qui ont des effets secondaires sur le foie et les reins. Il n’est pas impossible qu’un jour, j’ai à subir une autre greffe. C’est comme la chirurgie esthétique : on y revient forcément au bout de 20 ans. »
Le cœur cherche sa place
Heureusement, Loëtitia a toujours pu compter sur des appuis solides : son mari chauffeur-routier, sa cousine Valérie qui a toujours été à son côté dans les moments difficiles, et les médecins qui l’ont suivi et la suivent encore régulièrement.
Et si c’était à refaire ? « Je vois mes enfants grandir. Et rien que pour ça, je le referai évidemment. Mais si un jour le problème se repose, quand mes enfants seront grands, je crois que je dirai : greffez quelqu’un d’autre. En tout cas, c’est ce que je pense maintenant ».

J-P. B

Le 10/06/2010 - 15:30.

Ils ont réagi

  1. La photo”Loëtitia et sa cousine Nathalie”la légende est fausse ce n’est pas Nathalie mais Valérie(je le sais car je suis de la famille).


  2. Vous avez une faute ce n’est pas les médecins qui on réagit lors de la promenade c’est son mari qui lui a sauver la vie et qui à appeler les médecins et qui à insister pour faire quelque chose car les médecins ne voulaient rien faire


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    tous. Cet espace est le vôtre. N'hésitez pas à réagir.

    Benoît CANTO 14-06-2010 11:00:38

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